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Un enfant vient au monde avec son bagage génétique et dans l’entourage que le destin lui a réservé. De là, il n’en revient qu’aux deux personnes qui ont contribué à sa conception de décider de la façon dont il sera élevé. L’enfant, lui, subira. Ce qui me ramène à « la plus grande responsabilité au monde », celle d’être parent. Et, paradoxalement, à l’absence totale de guide pour ce rôle, à part ses propres parents et les outils que nous avons pu trouver pour nous aider, que ce soit à travers les quelques classes parentales de base, les livres ou les autres types d’information.
Les psychologues expliquent que les caractéristiques suivantes peuvent apparaître chez les enfants présentant le syndrome de l’enfant-roi: • le manque de confiance en lui-même; • le repli sur lui-même; • le narcissisme; • la pensée magique; • l’égoïsme; • les difficultés à s’intégrer dans la société; • la tyrannie; • la violence.
On dit que, contrairement à ce que pourraient croire les parents qui donnent tout ce que leurs enfants demandent, ceux-ci perdent l’habileté à affronter les obstacles. On aplanit tout sur son passage, conséquemment l’enfant développe un manque de confiance en lui face aux difficultés. Il essaie de régler les problèmes par la violence et/ou le mensonge. L’enfant-roi a l’habitude d’être le centre d’attraction, d’où une vision déformée du monde. Égoïsme, tyrannie et incapacité d’avoir un vrai respect pour les autres et des relations normales.
Les parents qui pensent vivre une situation semblable sont invités à consulter un psychologue ou un professionnel de la santé qui pourra les aiguiller dans la bonne direction. Il faut du courage pour faire les démarches de consultations professionnelles et c’est justement ici que commence la preuve d’amour inconditionnel pour votre enfant. Faites-le pour lui.
Parce qu’il est difficile, voire impossible, d’aborder le sujet avec son conjoint ou son ex-conjoint, vous aurez donc intérêt à inviter un parti neutre dans l’équation. Il existe encore le préjugé préhistorique que consulter un psychologue est un signe de faiblesse, alors que je crois que le fait de consulter un professionnel,peu importe sa pratique, est plutôt un signe de sagesse. C’est dépassé de croire qu’une seule personne peut avoir les réponses à tous les défis.
Quoi qu’il en soit, l’important pour vous est de prendre conscience de votre comportement et de vous poser légitimement les questions suivantes: « Est-ce que je pose tel ou tel geste pour me déculpabiliser? Ou est-ce que je le fais de manière exagérée? » « Est-ce que je fais telle action dans le simple but de me faire aimer plus par mon enfant? Ou encore, est-ce que je fais cela pour faire oublier à mon enfant les douleurs de la séparation? » La ligne est nuancée et mince. « Estce qu’il s’agit de se payer une petite traite à l’occasion pour se remonter le moral ou de faire de la surcompensation émotive par des biens matériels? »… À vous d’y penser.
Le Dr Phil est assez radical dans son point de vue sur la manipulation émotive des enfants. Il parle de la surcompensation affective comme de l’une des formes les plus insidieuses de violence envers les enfants.
« N’oubliez-pas, dit-il, que la tâche principale en tant que parent est de préparer votre enfant pour la façon dont le monde fonctionne vraiment. En société, vous n’allez pas toujours obtenir ce que vous voulez. Vous serez mieux préparé et autonome si vos parents ont pris le temps de se concentrer à vous préparer dès le plus jeune âge à cette réalité. Si votre relation parent/ enfant est basée sur les biens matériels, votre enfant n’aura pas la chance de vivre un amour inconditionnel. Soyez un bon modèle. Nous ne sommes pas la seule influence des enfants dans notre vie, donc aussi bien être la meilleure influence. Vous n’avez pas besoin d’acheter des biens matériels afin de créer un lien. Faites attention de ne pas envoyer le message qu’un manquement émotif se guérit par un arrêt au centre commercial. »
Toujours selon le Dr Phil, votre travail en tant que parent est de préparer votre enfant à réussir à l’école et à interagir de manière constructive en société. Si l’âge le permet, ayez une conversation sur ce qu’il définit comme ses valeurs, son intelligence, sa créativité, sa bienveillance. Distinguez la motivation « intrinsèque » et « extrinsèque ».
La motivation intrinsèque est quand les gens font des choses parce qu’ils se sentent fiers d’eux-mêmes. Ils éprouvent un sentiment d’accomplissement et de réalisation. Tandis que la motivation extrinsèque est lorsqu’une personne fait quelque chose parce que la motivation provient de l’extérieur. Par exemple, elle reçoit de l’attention, de l’argent, un jouet ou un privilège lorsque la tâche est accomplie. Si vous êtes toujours à gratifier votre enfant avec des choses matérielles, il ne pourra jamais s’automotiver et comprendre les joies de ce qu’est la fierté.
Votre enfant n’a pas à vous aimer à chaque minute de chaque jour. Il a aussi à découvrir ce qu’est la déception de se faire dire non. Apprenez-lui qu’une personne peut être jugée sur comment elle agit plutôt que sur ce qu’elle possède.
À RETENIR
1. Prenez conscience de votre situation actuelle et de vos rapports avec votre enfant. Posez-vous des questions quant à votre motivation derrière les gestes que vous posez. Quand vous dites oui à une demande, et quand vous dites non. Pourquoi le faites-vous?
POURQUOI?
Parce que c’est un combat éternel. À chaque âge, chaque période ou chaque défi que ma fille et moi traversons, je dois prendre conscience des actions que je pose, des permissions que je donne et je me demande: « Est-ce que je fais cela pour qu’elle m’aime de préférence à sa mère? » « Est-ce que je lui dis oui pour gagner des points? » Et quand la simple raison qui allait me pousser à dire « oui » était pour « gagner des points », je réévalue attentivement la situation.
2. Ne vous préoccupez pas trop de l’ex-conjoint. Malheureusement, il n’y a rien que vous puissiez y faire, à part peutêtre d’avoir une conversation avec lui si vous croyez que votre relation le permet, s’il est ouvert à l’idée de discuter. Mais rappelez-vous que rien ne sert de perdre patience et, surtout, que vous ne pouvez changer quelqu’un contre son gré.
POURQUOI?
Parce qu’on ne peut rien faire pour changer l’opinion de quelqu’un qui ne veut pas changer. Et que cela risque seulement de créer un stress supplémentaire sur toute la famille. Si votre ex-conjoint part du point de vue que vous voulez le manipuler, les négociations commencent bien mal. Vous risquez de vous retrouver plus souvent qu’autrement à vous crier par la tête. Encore.
3. Consultez un professionnel de la santé pour vous aider. Il pourra vous conseiller objectivement, sans parti pris, à part peut-être celui de l’enfant, sur les démarches à suivre dépendant de l’étape et où vous en êtes rendus. Ma conjointe de l’époque et moi avions demandé de l’aide à notre médecin. Il nous avait référés au CLSC de notre région, qui nous avait référés auprès d’une université qui formait des psychologues. Ce qui fait que nous n’avions payé qu’une fraction des coûts réels puisque notre psy était en fin d’obtention de diplôme et nécessitait des consultations avant de débuter sa pratique. Une situation gagnante-gagnante comme je les aime.
POURQUOI?
Parce que, même avec les meilleures intentions du monde, il n’est pas facile de savoir quand impliquer notre enfant et quoi lui dire. Dépendant des arrangements de garde, de son âge, etc. Et comme je le mentionnais précédemment, la question monétaire n’est même pas une excuse, puisque la plupart des régions ont des universités remplies d’étudiantes et d’étudiants brillants qui ne demandent pas mieux que de vous aider. Et que si le « match » entre l’étudiant et vous ne fonctionne pas, vous pouvez simplement demander à voir quelqu’un d’autre.
Source : Yannick Therrien - TOUT POUR RÉUSSIR EN FAMILLE MONOPARENTALE
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